mercredi 18 juillet 2012

17 juillet - un peu de sport

Pour ce mardi, le vent est toujours prévu bon, fort, régulier. Mais le plafond est bas. Trop bas en tout cas pour lancer une épreuve. Mais suffisant pour tenter quelques vols de loisir. La priorité étant donnée aux brevetés, Bernard et moi nous manifestons auprès du chef pilote afin de pouvoir faire un vol. Le lâcher terrain n'est pas obligatoire, et au vu de l'affluence, je me porte volontaire pour partir directement en solo dans le Nord 2000. Bernard préfère attendre une place dans le T21 local, possiblement pour un départ au sandow. Le plafond est bas, annoncé à 550 ft. Du coup le directeur des vols ne laisse que 3 planeurs en même temps sur le pente, ce qui me fait attendre en piste, avec toute l'équipe technique qui prend l'eau autour de moi. Au moment de prendre mon nom, le planchiste s'aperçoit qu'il ne m'a pas sur sa liste, et je dois retourner au bureau de piste afin de remplir la formalité locale : certificat médical, carnet de vol, numéro de carte bleue (!?). Personne ne me demande si je suis breveté et je ne dois pas sortir ma licence. Bon.
Heureusement la formalité est rapide et je peux retourner en piste m'installer. Peu après (peu étant un euphémisme.. ou une litote) le remorqueur est prêt à me faire partir.
Attardons nous un peu sur la procédure locale. J'ai évidemment fait ma prévol, je suis attaché et j'ai fait mon CRIS. La grosse différence est qu'ici le gars en bout d'aile est celui qui dirige la manœuvre. Il accroche le câble (que le remorqueur ne tend pas), puis enchaîne par les positive checks. Cela consiste à passer sur toutes les gouvernes afin de vérifier qu'elles sont bien branchées. En pratique, Carl (puisque c'était lui à cette occasion), bloque les gouvernes et me demande d'actionner les commandes afin de vérifier la bonne résistance. Ailerons, profondeur, aérofreins, direction, tout y passe. Quand c'est fait, il se met en bout d'aile, la lève, et commence un balancier du bras vers le bas. En option, il peut annoncer "take up slack!". C'est le signe pour le remorqueur de tendre la câble. Quand le câble est tendu, le balancier du bras se fait vers le haut (en annonçant "all out!") et c'est le signal du décollage.
Avec 200 m de plafond et la pente juste à côté, le remorqué ne dure pas. Je largue rapidement et me met en pente, comme à la maison. Histoire de vérifier les dires météorologiques, je monte tranquillement au plafond en quelques minutes et je confirme l'annonce des 200 m. Mais le plafond est encombré, on y trouve beaucoup trop de monde. Du coup, par un souci évident d sécurité, je me propose de repasser en bas de la pente. Et puis c'est plus amusant. L'effet de pente (ridge effect) est tellement bon que pour maintenir le vario à zéro en restant dans l'arc vert, je dois sortir les aérofreins régulièrement. Il y a une ligne électrique mais elle n'est pas bien haute. Et il y a des photographes à côté du club house, je passe les saluer.
Au bout d'une demi-heure, le temps qui m'est imparti est écoulé et je dois laisser ma place au planeur suivant. Il commence à bruiner un peu, l'étape de base s'encombre de nuages. Je fais ma checklist atterrissage et mon message radio et je me pose sans encombre. Signalons au passage que l'utilisation de la radio est anecdotique ici. Je n'ai entendu personne s'annoncer à l'atterrissage, ni aucun début de remorqué, ni même aucune treuillée. Étonnant n'est-il pas ? La météo se dégradant, le vent forcissant, nous décidons de remettre le Nord 2000 dans la remorque. Nous nous en mordrons les doigts.
En effet, le vent reste fort mais l'humidité nous quitte et le plafond monte, ce qui laisse la place à de bonnes conditions pour une séance de bungey. Après un rappel des règles au briefing le matin, nous savons que des volontaires sont appréciés pour tirer la corde. En plus cet après-midi il y a de nombreux volontaires pour l'expérience, donc il y aura de nombreux tirages de corde. Christophe, Carl, Alain et moi nous mettons donc à l'ouvrage, et nous lançons tour à tour des Ka6, des Meise, le K13 et le K21. Le lancer est plutôt facile, et amusant. Ce qui est sportif, c'est la remontée de la pente, à pied, en remontant l'élastique qui pèse son poids. Le corps fatigue, les esprits aussi.
Après une dizaine de lancers, nous commençons à sentir nos poumons et nos mollets. Il faut dire que le débit est important. Pour terminer la journée, il reste un K13 et un Nord 2000, qui nous donnerons des souvenirs. Le K13 d'abord. A son bord, notre Bernard national, heureux comme un pape, flanqué d'une charmante instructrice qui nous aidait encore un peu plus tôt à tirer la corde. Aux mains d'Irène, Bernard est tout docile et souriant. Il écoute avec attention les instructions et se prépare au saut dans le vide. Du côté de la corde, les toulousains se mobilisent pour lancer le druide dans les airs. Nous ne laisserons pas cet honneur aux Anglais ! L'élastique est tendu, le départ est donné, Bernard vole. Il racontera après qu'il a tenté d'accrocher l'onde mais qu'il ne l'a pas trouvée, dommage.
Vient ensuite la Nord 2000 belge, celui qui est tout en bois apparent. Particularité de ce planeur par rapport aux Meise et Olympia : il n'a pas de roue. Donc pas de frein. L'organisateur du bungey commence par l'installer sur la plaque en béton, ce qui est idiot. Mais heureusement il est repositionné sur l'herbe. Carl est en bout d'aile et surveille. Des aides lèvent la queue pour aider la friction sur le patin afin de freiner pendant la tension de l'élastique. Avec Christophe, nous tendons une extrémité. Puis nous sentons que ça part et tout en continuant à marcher nous regardons vers le haut afin d'observer le départ. Et là, il y a un truc qui cloche. Le Nord 2000 avance au pas puis vire à 90° de la pente toujours collé au sol, puis il s'immobilise ainsi. Au bout de l'aile, nous voyons Carl qui la tient encore. Il nous expliquera que la friction du patin ne suffisait pas et que le Nord 2000 est parti avant que le pilote ne le décide. Du coup il n'avait pas de vitesse mais mais commençait par glisser dans la pente. Carl a retenu l'aile pour forcer le virage et l'arrêt. Bon. On recommence.
Pour le second essai, Carl aide le directeur de bungey en lui expliquant comment son Nord 2000 a été installé quand il a fait son lancer. D'abord il faut mettre la patin dans le trou prévu pour la roue des planeurs. Ensuite il faut lever la queue très haut. Le seul souci, c'est que pour cette opération, il faut deux personnes de part et d'autre de la queue, au niveau des poignées. Et à cette position, il faut bien penser à dégager au moment on on la repose, sous peine de se prendre un coup de profondeur dans le mollets. Ce qui d'ailleurs est presque le cas pour Carl, le cascadeur de la journée, qui nous fait un magnifique rouler-bouler de côté alors que le Nord 2000 s'envole. Mission accomplie, et fin de la journée.

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